Les Enfants loups, Ame et Yuki de Mamoru Hosoda (2012)

C’est avec beaucoup de plaisir que le ciné-club de l’Ecole du Louvre s’associe avec Mens Sana [AMAP de l’Ecole du Louvre, ndlr] pour vous présenter une séance spéciale mois de la forêt. A l’honneur, un film d’animation japonais : Les enfants loups, Ame et Yuki, réalisé par Mamoru Hosoda en 2012. Pour ceux d’entre vous qui connaissent la référence que sont « les Ghibli » du très célèbre Hayao Miyazaki, ce film s’inscrit dans une même lignée de questionnement de l’homme, de sa place dans le monde en lien avec la fantastique « mythologie » japonaise. Alice Jeanjacques nous en parle !

Mamoru Hosoda est l’un des réalisateurs d’animations japonaises les plus célèbres à l’international. Après un échec de rapprochement avec le studio Ghibli pour la réalisation du Château ambulant (2004), il quitte la grande Toei Animation pour devenir freelance. Il se rapproche alors du célèbre studio Madhouse, et réalise avec eux deux premiers long métrages qui le feront connaître à l’international : La traversée du temps (2006) et Summer Wars (2009). Il y rencontre Yūichirō Saitō avec qui il fonde le studio Chizu, qui produit Les Enfants loups, Ame et Yuki en 2012. Sa carrière lui vaudra les honneurs et sera consacrée par la nomination aux Oscars de son film Mirai en 2019.


Mens Sana et le Ciné-club vous proposent de découvrir ou redécouvrir Les Enfants loups de Mamoru Hosoda ! Rendez-vous le mercredi 8 mars à 18h en amphi Dürer !

Avis aux personnes extérieures à l’École du Louvre ! Vous pouvez assister à la séance gratuitement à condition de nous envoyer un mail avec votre nom et prénom (ainsi que ceux des personnes vous accompagnant) au minimum 48h avant la séance à cineclubecoledulouvre@gmail.com. Cette inscription est obligatoire dans le cadre du plan vigipirate, pensez donc à vous munir d’un justificatif d’identité. Il ne s’agit pas d’une réservation pour notre séance.

En savoir plus.


Selon une ancienne légende japonaise, le visiteur égaré dans la montagne, une fois la nuit tombée, pourrait trouver en la figure de l’Ōkami un guide bienveillant. Cet Ōkami n’est autre qu’un loup, alors ami de l’homme, constituant une sorte de lien mystique permettant à ce dernier de renouer avec une nature parfois hostile, crainte, impressionnante.

Dans Les Enfants loups, Ame et Yuki réalisé par Mamoru Hosoda et sorti en 2012, cet animal auparavant déifié au Japon, à présent craint et chassé, est mis à l’honneur à travers l’histoire de la jeune Hana et de ses deux enfants. Hana, étudiante solitaire et réservée se prend d’intérêt pour un mystérieux jeune homme, dont elle finit par s’éprendre. Partageant ses sentiments, ce dernier lui révèle sa double nature : il est un descendant de la lignée des loups de Honshu, ces fameux gardiens des chemins montagneux. Hana, bien qu’impressionnée, ne rejette pas pour autant le jeune homme. Ils ont ensemble deux enfants, qui héritent de leur père cette double nature humaine et animale. La grande ville de Tokyo devient rapidement trop écrasante pour la petite famille, oppressée par le manque d’espace – car les petits louveteaux déchiquettent tout ce qui leur passe sous les dents et les griffes – ainsi que par l’ombre et la pression des normes sociales qui se font de plus en plus menaçantes.

Un retour à la terre est donc nécessaire ; dans une nature luxuriante mais pas vraiment docile, les enfants loups grandissent. Ils trouvent en ces vastes plaines, ces sentiers tortueux de montagne, et cette forêt sauvage, de véritables terrains de jeu et une source de maturité. Car en effet, l’apprentissage de la vie ne fait que commencer, et ce contact privilégié avec la campagne constitue la clef de leurs choix à venir ; humain et loup, est-ce possible ?

Raconter sans trop dire, cela semble être la règle d’or de Mamoru Hosoda. Il nous faut alors lire entre les lignes de ses dialogues toujours signifiants, déchiffrer les émotions subtiles de ses personnages, et se laisser bercer par son animation foisonnante d’imagination. Néanmoins, l’on (re)trouve dans Les Enfants loups quelques fils rouges qui nous permettent de plonger au cœur du film et de son propos.

L’histoire d’Ame, de Yuki et d’Hana est l’occasion pour le réalisateur d’exploiter un de ses thèmes favoris : la famille. La maternelle et courageuse Hana incarne une mère protectrice, mais aussi une mère qui supporte ses enfants ; en déménageant à la campagne, elle leur permet d’explorer leur double nature, de sortir petit à petit de l’enfance, et d’avoir l’opportunité de choisir leur voie. Mais la famille n’est pas que synonyme d’harmonie et d’amour, elle comporte son lot de tensions, de séparations, de deuils, mais aussi de nouveaux débuts.

Nichée sous l’aile de la famille, la communauté joue aussi un grand rôle dans les films d’Hosoda ; ce n’est pas parce qu’il est question d’un retour à la terre que ce dernier s’accompagne d’un isolement total. Pour apprivoiser cette nature de prime abord hostile, seule l’entraide est de taille ; de la bonté du voisin grincheux de la petite famille, naît enfin l’espoir de maîtriser ne serait qu’une once de cet environnement inconnu. La campagne et plus généralement la biodiversité est ce de quoi l’on vit, il faut donc en prendre soin ; jardiner devient alors une action glorifiante et glorifiée dans le film.

Car enfin, Hosoda lie d’une manière indéfectible le destin de ces enfants à la nature, végétale et animale, sans pour autant créer une opposition totalement hermétique entre ville et campagne, humain et loup : Ame et Yuki ont le potentiel de s’acheminer vers des destins différents, sans que ces destins ne soient jamais totalement coupés l’un de l’autre. Le choix de représenter des louveteaux peut aussi bien symboliser le passage de l’enfant du stade de « petit monstre » ou de petite « bête sauvage » à une maturité nouvelle, que l’importance de respecter cette nature, tout mystique que soit ce lien avec cette dernière. Malgré ce retour aux sources, Ame et Yuki n’échappent pas à la pression de leurs pairs ; se pose la question du regard de l’autre, ou d’être conforme aux normes. D’une manière générale, est-il possible de grandir tout en laissant pleinement s’exprimer sa personnalité ?

La leçon d’Hosoda est peut-être la dernière : on est en quelque sorte toujours un pied dans deux mondes, ici, humain et animal, ville et campagne, et il ne s’agit pas de s’échapper de l’un d’eux, mais de comprendre que la cohabitation est possible, tant que la voie que l’on choisit nous semble être la bonne…

Alice Jeanjacques.


Un petit mot de Charlotte pour Mens Sana :

Les Enfants loups est un film d’animation japonais réalisé par Mamoru Hosoda, produit par le studio Chizu , sorti en 2012. Le film relate l’histoire d’Hana, une jeune étudiante qui tombe amoureuse d’un garçon mystérieux, et qui va finalement nouer une relation avec lui. Mais ce n’est que la première partie de l’histoire, car Hana va devoir relever d’autres défis. Sans vous révéler l’histoire, il est question d’enfants dans le film, et ceux-ci ont des caractéristiques un peu particulières. Cette projection s’inscrit dans un projet porté par Mens Sana au mois de mars, le mois de la forêt. Nous avons voulu créer des évènements autour de ce thème, car il est très fréquent dans les arts, mais a aussi une importance cruciale pour l’équilibre écologique de notre planète.

Ici, nous avons choisi un film poétique qui est encadré par la forêt. Hana, pour protéger ses enfants, est obligée de partir, de se rapprocher de la nature. Le film montre bien l’ambivalence de ce lieu : il est à la fois un refuge, mais aussi un haut lieu de l’altérité. Si son fils adore y séjourner, pour Hana, c’est un lieu pratiquement inaccessible.

Hana, vous le verrez dans le film, ne possède pas le savoir de la nature, et c’est ce qui va lui provoquer de nombreuses difficultés. Le film soulève cette question de vivre en adéquation avec la nature, et nous montre plusieurs chemins possible, sans tomber dans une dichotomie un peu superficielle. Cette question de vivre avec la forêt, avec la nature, est très contemporaine, et en même temps très ancienne. Les moines, les ermites, les ascètes, les aventuriers, Henry David Thoreau… Bref, tous essayent de percer le mystère de la nature, et à travers celle-ci, se reconnecter à soi-même. La forêt, dans ce film par exemple, est presque un personnage à part entière : elle a des valeurs, montre des voies possibles, donne des enseignements… Il y a un vrai « appel » de la forêt.

Avant de vous laisser découvrir cet univers tout à fait intriguant, un mot rapide sur la protection de la forêt. C’est un organe particulièrement important pour notre planète. Deuxième absorbeur de CO2 sur cette terre (c’est ce qu’on appelle la séquestration), l’ensemble des forêts constituent des zones de grande biodiversité. 30 % du territoire français est recouvert de forêt. Nous sommes tous au courant des problèmes liés au réchauffement climatique qui impactent directement les arbres : nouveaux parasites, maladies, acidification des terres, feux dramatiques chaque année, fortes chaleurs qui peuvent les tuer, et bien sûr, la déforestation ! 43 millions d’hectares de forêts ont disparu entre 2004 et 2017 dans les 24 fronts de déforestation identifiés par le WWF. A notre échelle, nous pouvons agir. Manger plus végétarien, ou végétalien (l’agriculture est la première cause de déforestation) est l’action la plus efficace. Un autre levier est de s’informer : soutenir des ONG (WWF ou l’Office National des Forêts), se rendre à l’académie du climat (il y a des journées thématiques sur la forêt du 17 au 19 mars), s’informer via des podcast, des livres et autre… Et puis bien sûr des petites actions du quotidien comme installer Ecosia, utiliser moins de papiers, peut-être changer de banque, signer des pétitions, voter…

Si vous voulez plus d’informations, je vous invite à nous suivre sur Instagram. Et pour l’heure, plongeons-nous dans l’aspect un peu plus féerique et magique des forêts ! Bon film !

Charlotte.


Mens Sana et le Ciné-club vous proposent de découvrir ou redécouvrir Les Enfants loups de Mamoru Hosoda ! Rendez-vous le mercredi 8 mars à 18h en amphi Dürer !

Avis aux personnes extérieures à l’École du Louvre ! Vous pouvez assister à la séance gratuitement à condition de nous envoyer un mail avec votre nom et prénom (ainsi que ceux des personnes vous accompagnant) au minimum 48h avant la séance à cineclubecoledulouvre@gmail.com. Cette inscription est obligatoire dans le cadre du plan vigipirate, pensez donc à vous munir d’un justificatif d’identité. Il ne s’agit pas d’une réservation pour notre séance.

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